Autoroute A412 : Appel à la suspension immédiate des travaux
Un avis d’expertise accablant ignoré
Le 26 février 2026, le Conseil national de la protection de la nature (CNPN), instance indépendante auprès du ministère français de la Transition écologique, rendait un avis sans équivoque : le projet porte des atteintes majeures à la biodiversité et les mesures de compensation sont significativement insuffisantes.
Cet avis valide scientifiquement l'ampleur du désastre annoncé. 180 hectares de milieux naturels seraient détruits, dont 56 ha de zones humides et 70 ha de terres agricoles. Sur les 16 km du tracé, 13 cours d'eau verraient leur profil rompu, aggravant les risques d'inondation et de sécheresse. 28 espèces végétales protégées et/ou patrimoniales sont concernées, ainsi qu'une faune riche : le Castor d'Europe, emblème des zones humides, et des populations de Sonneur à ventre jaune parmi les plus importantes du département. Au-delà des espèces elles-mêmes, c'est le dernier corridor biologique fonctionnel entre les Alpes et le Léman qui serait rompu, isolant définitivement les populations animales.
Un passage en force avant la décision de justice
Malgré ces constats alarmants, les travaux ont débuté avec des moyens considérables, avant l’expiration des délais de recours et avant que la justice ne se prononce. Cette situation rend les destructions irréversibles avant tout jugement, tandis que des signalements au procureur de la République ont déjà été déposés pour non-respect des mesures de protection des amphibiens.
Pourquoi Pro Natura Genève est-elle mobilisée ?
Située de part et d’autre de la frontière, la biodiversité de notre région forme un tout indivisible. Les destructions opérées côté français auront irrémédiablement des impacts sur le territoire genevois : dégradation des cours d’eau et isolement des populations animales menacent directement la résilience écologique du territoire genevois.
Cette analyse est d'ailleurs partagée par les autorités genevoises. S'appuyant sur le même avis critique du CNPN, la Ville de Genève a renforcé son opposition, évoquant une violation potentielle de la Convention d’Espoo et engageant une action indemnitaire contre l’État français, soutenue par sept communes riveraines. Pro Natura Genève salue cette mobilisation transfrontalière inédite et estime qu'il est de notre devoir de défendre ces écosystèmes communs.
Appel à la responsabilité
Face à l’urgence, Pro Natura Genève demande instamment la suspension immédiate des travaux jusqu’à ce que les juridictions compétentes aient statué sur l’ensemble des recours. Poursuivre les défrichements dans ce contexte revient à mépriser l’expertise scientifique, le droit au recours et à mettre en péril un patrimoine naturel partagé entre la France et la Suisse.